MA DEVISE : "POUR TOUT CE QUI EST CONTRE ET CONTRE TOUT CE QUI EST POUR , SAUF QUAND J'AI RAISON MAIS PAS FORCÉMENT NON PLUS... QUOIQUE ! "

Jacques grandit dans cette mouvance. Il accompagne fréquemment son père dans ses ateliers et tout le destine tôt ou tard à y prendre
part. Il est, à cet effet, inscrit en 1901 à l’Ecole des beaux-arts en section Architecture et Décoration.
Mais dès 1903, Jacques Majorelle affirme sa volonté de devenir peintre. Etudes à Paris, voyages en Espagne, en Italie, il
s’éloigne peu à peu de Nancy. En 1910, ses envies d’ailleurs le mènent jusqu’en Egypte où il découvre le monde de l’Islam, ses couleurs, ses lumières, ses coutumes. Il y effectue trois voyages
successifs jusqu’à la guerre en 1914. Cet exil volontaire lui permet de trouver sa voie, la rupture avec Nancy semble définitive.
C’est en 1917 qu’il se rend pour la première fois au Maroc afin de se remettre d’une maladie pulmonaire. Grâce à l’entremise de son
père et du peintre Emile Friant, le général Lyautey, originaire de Nancy, facilite son installation.
Autour de cette maison, il conçoit un jardin comme une immense oasis de verdure dans laquelle les espèces les plus extraordinaires,
les plus luxuriantes s’épanouissent avec bonheur. Les volutes extravagantes qui ornaient à profusion les vases, les meubles, les vitraux de l’Ecole de Nancy auraient-elles à jamais
marqué l’imaginaire de l’artiste? Toujours est-il qu’il ne cesse d’enrichir son jardin avec les essences les plus rares : 1800 sortes de cactées, fleurs tropicales, bananiers, fougères géantes et
400 variétés de palmiers envahissent l’espace répandant leurs parfums enivrants sur quatre hectares. Onze bassins de différentes formes rafraîchissent ce somptueux jardin.
En 1931, à l’opposé de la villa mauresque, il confie à l’architecte Sinoir la construction d’un atelier de style moderne dans
lequel il se retire pour travailler.
En 1955, la villa familiale Bou saf-saf, entourée de son parc d’un hectare, fut séparée du restant de la propriété. Le
jardin exotique de trois hectares qui entourait l’atelier de Jacques Majorelle fut alors ouvert au public. Par la suite ce vaste espace fut morcelé et certaines parties furent
vendues.
Aujourd’hui, la villa Bou saf-saf appartient à Yves Saint Laurent et à Pierre Bergé. Ils ont permis sa
restauration ainsi que celle d’une partie des jardins toujours ouverte au public.
L’atelier a été transformé en musée d’art islamique.