La dernière fois que je suis tombé amoureux dune femme cétait il y a trois ans à la Maison de la culture de Bourges. Ce nétait pas vraiment une femme,cétait toutes les femmes,et à travers elles le monde.Une entité sexuée mais sans images précises,toutes les images,tous les corps,jétait assis au premier rang ,un ballet construit sur la musique de Steve Reich (music for 18 musicians),musique hâtivement classée dans les musiques répétitives, comme Philip Glass,Terry Riley etc..musique basée certes sur la répétitions de modules et leur juxtaposition ordonnée par de légères différences de temps,,drogue douce ou dure, en tout cas elle sursoit à leur emploi ! Souvent repassait sous mes yeux une danseuse au corps souple et charnu que la danse transfigurait en lumière clignotante au gré de la superposition des xylophones, marimbas, vibraphones, pianos à touches touche, juste dune frappe décalée
Tomber amoureux dune mesure qui à linfini semble se répéter. .Lendroit où la répétition ne crée aucune lassitude, mais au contraire lattirance de plus en plus forte pour ce versant de linfini situé juste derrière lhorizon. Cest en cela que la musique de Steve Reich est forte, cest que loin de nous lasser, elle nous invite à redécouvrir que la vie nest que la petite somme des temps ajoutés, de lennui juste parfois interrompu dun accord impromptu. Bref vous comprendrez mon émoi envers Anna Teresa de Keersmaeker quand vous saurez quelle a ensuite crée des ballets sur « Bitches brew »de Miles Davis » « A love Supreme » de John Coltrane, autant dire que tous mes rêves deviennent réalité et que cette réalité est enfin transformée en rêves.