MA DEVISE : "POUR TOUT CE QUI EST CONTRE ET CONTRE TOUT CE QUI EST POUR , SAUF QUAND J'AI RAISON MAIS PAS FORCÉMENT NON PLUS... QUOIQUE ! "

Tu ne dois regarder qu'une seule chose : ton jeu.
(à Escartefigue) Et toi aussi.
Si tu continues à faire des grimaces, je fous les cartes
en l'air et je rentre chez moi.
Moi, je connais très bien le jeu de manille, et je n'hésiterais
pas une seconde si j'avais la certitude que Panisse coupe à cœur.
Je t'ai déjà dit qu'on ne doit pas parler, même pour
dire bonjour à un ami.
Eh bien ! Réfléchis en silence … (César continue ses signaux)
Et ils se font encore des signes !
Monsieur Brun, surveillez Escartefigue, moi, je surveille César.
(Un silence. Puis César parle sur un ton mélancolique.)
Tu te rends compte comme c'est humiliant ce que tu fais là ?
Tu me surveilles comme un tricheur.
Réellement, ce n'est pas bien de ta part. Non, ce n'est pas bien.
Allons, César, je t'ai fait de la peine ?
Quand tu me parles sur ce ton, quand tu m'espinches comme
si j'étais un scélérat … Je ne dis pas que je vais
pleurer, non, mais moralement, tu me fends le cœur.
C'est peut-être que sans en avoir l'air, je suis trop sentimental.
(à Escartefigue) A moi, il me fends le cœur.
Et à toi, il ne te fait rien ?
Moi, il ne m'a rien dit.
O Bonne Mère ! Vous entendez ça !
(Escartefigue pousse un cri de triomphe.
Il vient enfin de comprendre, et il jette une carte sur le tapis.
Panisse le regarde, regarde César, puis
se lève brusquement, plein de fureur.)
Tu as dit : "Il nous fend le cœur" pour faire comprendre
que je coupe à cœur. Et alors, il joue cœur, parbleu !
(César prend un air innocent et surpris.)
Je ne joue pas avec un Grec ; siou pas plus fada qué tu, sas !
Foou pas mi prendré per un aoutré ! (Il se frappe la poitrine.)
Siou mestré Panisse, et siès pas pron fin per m'aganta !
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