Quand j’avais 18 ans, soit hier, ou demain !
Quand j’avais besoin de pleurer d’être trop amoureux !
Je me passais Sidney Bechet, le blues incarné avec la force sous-jacente, comme un désespoir tenace et plus fort que la noyade. Si vous écoutez « Petite Fleur » un peu bourré et que vous ne pleurez pas, alors là vous êtes vraiment malade.
Aujourd’hui , après quelques années d’amours, désamours, padamour, regrets, espoirs, illusions mais pas encore désillusion heureusement, « Coltrane plays the Blues »m’a souvent aidé à extirper les larmes que certains départs ne déclenchaient pas !
Un peu comme les suites pour violoncelle seul, version « Pablo Casals » avec son souffle, le son grumeleux du boyau torturé qui n’en peut plus.
Aujourd’hui je serais tenté de vous parler de « Blues to Bechet », sorte d’hommage à la Nouvelle-Orléans sous les eaux de la Terre en furie, le Blues de la Terre, La terre est bleue comme une orange, Tous les feux, le feu, Ether -orage, au futur bush,
le Bush présent, désertificateur omnipotent !
Ironie du sort, c’est le berceau du Jazz, le pays des Noirs opprimés
par le bon « AMERICAIN »façon KKK, qui disparaît.
Le seul véritable apport culturel des Etats-Unis au Monde :
soit « LE JAZZ » par les esclaves via le blues.
Vive le gospel mais où est le « GOD » ? » « I put a spell on you ». Pourquoi même chez les riches ce sont toujours les pauvres qui payent ? Bonne question.
Si vous avez la réponse, faites le savoir.
Retour à « Coltrane plays the Blues » , Là, c’est « Mr Syms », qui parle, ce qu’il dit ne peut-être dit, Mac Coy Tyner, le pianiste qui « EST » la jungle, par la profusion de ses discours simultanés et de sa prolixité, non celle du verbiage, celle de l’impossibilité d’arrêter une machine qui le dépasse ! La transe du contrepoint, de la fugue de l’esprit, de peur parfois de sombrer, un maelström de notes juxtaposées au dialogue monothéiste de Coltrane et d’Elvin, deux corps tendus qui s’affrontent dans un ciel qui n’est accessible que dans un sommeil où il faudrait une perceuse pour « voyeuriser »l’autre dimension, celle de Lewis Carroll à travers le contreplaqué que serait la voie lactée.
Dehors il fait déjà nuit, une de plus qui se superpose à toutes celles d’avant, d’avant la borne que vous avez fixée, pour moi c’est Coltrane. C’est bête, mais c’est comme ça. Conclusion :un disque indispensable : « Coltrane plays the blues » chez Atlantic.
John Coltrane (Soprano et Ténor), Mc Coy Tyner (Piano) Steve Davis (Contrebasse) Elvin Jones (Batterie) enregistré en octobre 1960 à New York.