Il existe encore des torrents avec de gros rochers ronds derrière lesquels une grosse truite fario attend sa proie, des forêts de résineux à perte de vue comme en Scandinavie, des petits bourgs de quelques maisons de pierre sans fioritures, des villages âpres et rudes où le temps a suspendu son vol, Ces petites routes sinueuses où il ne fait pas bon croiser un poids lourd chargé de troncs gigantesques, ce nest pas au Canada ou en Laponie, cest en France ,en Creuse. Au bout de cette route presque déserte, un Musée, le Musée Paul Reybeyrolle à Eymoutiers, de grandes sculptures monumentales et qui ne sont pas des « 1% » je veux dire des objets décoratifs en volume sans autre sens que le chèque qui était au bout, des personnages de chair et de sang qui se battent contre eux-mêmes, contre le monde, contre la surface des choses, des 200% de bataille contre et avec la matière! Les sculptures de Rebeyrolle. Quand on pénètre dans lespace Paul Reybeyrolle, on est accueilli par une gigantesque toile de 4mètres 20 de haut sur près de 15 mètres de long « Planchemouton » de 1959, Année où les Rauschenberg, Willem DeKooning, Pollock, Franz Kline commençaient à êtres déjà portés aux nues (et dailleurs à juste raison) Mais qui connaissait Rebeyrolle à cette époque ? et même maintenant ! Et pourtant cétait le seul peintre ayant leur carrure, ce nétait pas en leur comparant Estève, Bazaine, Soulages et autres que lon risquait de faire trembler leur suprématie ! Évidemment Rebeyrolle le franc tireur nétait le porte-drapeau de personne, sinon de sa souffrance et de son génie, et les institutions et marchands nont jamais aimé les hommes libres. Ce sont donc des seconds couteaux qui ont été mis sur un piédestal et les autres enterrés. Allez donc visiter lEspace Paul Reybeyrolle et vous saurez ce quest la peinture, sur place imaginez de placer nimporte quel peintre à la mode (ou pas d'ailleurs!) à coté et vous verrez ce quest une chiure de mouche !