En ce soir de décembre, J’ai eu une sensation étrange, Quelque chose se passait, La vague d’un immense danger me frappait, Tu m’envoyais un message codé, Et me voilà transportée, assistant impuissante au désastre de nos vies, Autour de toi, nue, allongée, inerte sur un lit, Hommes et femmes costumés s’affairaient, Je les voulais tour à tour, amis d’enfance, père aimant, Frères et sœurs adorés, solides rochers auxquels m’accrocher, Nous étions forcément intimes puisqu’ils allaient te sauver, Ce flot me revient comme une indécence, mon ange, Tu as chaviré dans le noir. Eux, n’étaient qu’inconnus, nous nous serons croisés, La mort est arrivée par déraison humaine, L’homme animal dira, lui, par accident. Le lourd tribu de son acte assassin S’inscrit en filigrane sur le fil de mes jours. A toi, beauté, jeunesse et grâce, fauchée en pleine envolée, Ce n’est pas sur ta tombe, Rectangle de granit sur lequel repose le marbre sombre, Que je viens te chercher. C’est tous les jours, dans chacun de mes pas, de mes gestes, Dans chacune de mes pensées, dans toutes mes révoltes, Et dans ce que je construis, que tu vis, Et le soir venu, tu deviens la constellation Qui scintille dans le ciel pour l’éternité, Si difficile à déchiffrer, l’hydre qui, Pour mes yeux seuls, est parfaitement éclairée.
BETA
L’ange noir
Dure comme le granit, froide comme la mort, L’éternité étale son voile sombre, Alors que l’ange noir, surgissant de l’ombre, Se faufile peu à peu à travers les remords.
Serpent maléfique au venin assassin, Hydre fabuleuse, désastre, ne vois-tu pas la nuit, Qui tombe sans attendre et sans le moindre bruit, Sur les tribus d’ombres nues de nos pays lointains.
GAMMA
Freud à Lerne
Dans un jardin de granit, forêt de signes et de symboles, Mon âme nue flâne autour de la tombe du surmoi. L'ange noir de la tribu d'Héra- Kant rend le dernier hommage à cette hydre, Genèse du venin qui a empoisonné Eros. La soumission d'Eros à Thanatos fut la racine du désastre qui a attiré Le destin féminin da ma libido vers le vertige du désir de mort et A fait de mon faible moi un maniaque pour l'éternité.
DELTA
Mon ange met ce qui te tombe sous la main ; Ce petit tailleur noir je crois ira très bien. Je te préfère nue de toute éternité, Mais je dis ça pour rire, évitons le désastre… Mes parents et mes sœurs seront très enthousiastes, Ma tribu comme une hydre va se précipiter, Toutes ses têtes à la fois t’assaillerons de questions. Tu n’auras qu’à sourire, princesse de granit, Ça plaira à mon père car la conversation Des femmes l’insupporte, c’est un vieux troglodyte ! Nous allons nous marier, réjouis-toi de ton sort… Rencontrer ma famille, c’est quand même pas la mort !
EPSILON
Elle était là, seule, égarée, La chevelure balayée par les rafales de vent La pluie s’imprimait sur son déshabillé Presque nue, Elle courait, sans bruit, De pierre en pierre Puis elle s’immobilisa S’effondra sur un bloc de granit Abattue, près de la grotte A broyer du noir dans la nuit étoilé Elle était seule et l’immensité Elle aurait aimé arrêter le temps La pluie giflait ce visage tendre Mais tellement bouleversé Ce soir tout s’était arrêté Après le désastre, Elle allait payer un lourd tribu, L’hydre de la mort sorti de la grotte Et de sa voix d’outre tombe L’obligea creuser sa tombe A passer un pacte avec l’éternité
Ah bon ! Parce qu'il faut voter en plus !Déjà que c'est difficile pour les vraies élections, alors là, moi je ne vote pas. Tout est bon à lire, je me suis régalée, et je me suis amusée, dans mon for intérieur, à deviner qui avait écrit tel ou tel poème.J'aurais bien été incapable d'écrire de si jolies choses.
Donc hop, c'est parti ! Je vote pour DELTA. Il y en a d'autres qui me plaisaient mais ils n'ont pas respecté soit les mots (ils ont parfois mis le fémininin au lieu du masculin, par exemple noire au lieu de noir) soit le nombre de lignes (qui étaient au-delà de 20 et dans les grandes longueurs !), donc hop! dis-qua-li-fiés par moi ! Ouala ouala ! Bon dimanche (fin de) et à plouche !